34 EME EDITION DES 100 KMS DU PERIGORD NOIR – BELVES LE 24 AVRIL 2010

 

 

SoleilSoleilSoleil   100 KM DE BELVES   SoleilSoleilSoleil

 

VOUS REPRENDREZ BIEN UN ULTRA ? ALLEZ UN DERNIER POUR LA ROUTE ….

 

 

 

Ce weekend du 24 avril 2010 avait pourtant bien commencé. Nous nous faisions un plaisir, Romain et moi-même de parcourir ces 100 kms ensemble. Moi en courant, comme d’habitude, et lui en vélo à soutenir son parrain du mieux possible. Du coté des filles, Audrey, Nathalie, Manon et Elodie avaient également fait le déplacement. La météo, contrairement à l’année dernière, laissé présager une magnifique journée.

Dire que je n’étais pas sous pression serait des plus malhonnêtes. Depuis ce début d’année j’ai accumulé les pépins physiques et ma seule vrai satisfaction durant ces quatre derniers mois reste mon baptême sur la distance Marathon un certain 7 mars 2010 du coté de Barcelone. Avec le recul je me demande encore comment j’ai pu participer à cette épreuve sans  connaitre de revers.

Voila, il est presque 8h du matin et dans quelques minutes va être donné le départ de la 34eme Edition des 100 Km de Belvès. Romain a déjà prit la route il y a 45 minutes pour rallier la zone où nous, coureurs, rejoindrons nos accompagnateurs. Je cherche Françoise et Simone, mes marcheuses préférées afin de les encourager une dernière fois avant le départ. J’aurai également l’occasion de saluer Pascal, autre Beaucairois en terres périgourdine, qui accompagné de Philippe, viendra découvrir cette magnifique course. Ceci fait c’est à 8h pilepoil que le coup de feu sera donné. Je m’élance pour un tour de village qui me donne l’occasion de repasser devant la maison que nous avons louée pour le weekend. Les filles m’y attendent et me gratifient de leurs encouragements avant que je quitte Belvès pour y revenir ce soir aux alentours de 18h30 si tout se passe bien.

Je rejoins Romain au 7eme kilomètre et la course peut véritablement commencer. Les bornes vont s’enchainer comme des perles jusqu’au Semi-Marathon où Romain me posera la question inévitable à ce stade de la course. En général, c’est au bout d’environ 20 kilomètres que je me fais une idée sur mon état physique et sur la façon dont devrait se dérouler la journée. A la question : « Comment te sens-tu ? » je répondrai à Romain que je me suis déjà sentis beaucoup mieux. Il est vrai que nous compterons jusqu’à 17 minutes d’avance sur nos prévisions les plus optimistes, mais ce qui me tracasse le plus c’est bien la sensation d’avoir le genou prit dans un étau. A ce moment là je ne suis pas des plus inquiets car il ne me fait pas souffrir outre mesure mais je sens bien que la course sera difficile. J’essaie de ne pas laisser mon ressentie apparaitre sur mon visage afin de ne pas stresser Romain plus qu’il n’en faut.

Il fait chaud, très chaud même. Ça va rouler tant bien que mal jusqu’au passage au Marathon en 4h08’. Je sens la mi-course approcher et il me tarde d’y parvenir et d’attaquer enfin la deuxième partie. A 1 kilomètre de Sarlat Romain partira devant afin de sortir la deuxième paire de basket des sacoches du vélo. De ce fait je pourrai en changer rapidement et reprendre la route les pieds au frais. Je passe la ligne des 50 bornes en 4h59’. A peine entré dans le stade j’embrasse Nathalie qui m’y attend et rejoins sans tarder Romain.

C’est à cet instant que le moral va en prendre un coup pour la première fois de la journée. Au moment d’enfiler la chaussure droite, une violente douleur va me traverser le genou et me rappeler les déboires qui me font souffrir depuis 3 mois maintenant. Je serre les dents ne voulant pas laisser apparaitre ma douleur. Je me dis alors que cela va passer et que ce n’est qu’une alerte. 

Eh ben non. Ça va me pourrir la vie durant les quinze prochains kilomètres. Chaque foulées est une punition, chaque pas un calvaire… Je suis proche de la rupture durant presque une heure et demi. A notre passage à la Roque Gageac, les filles sont là comme toujours pour nous encourager du mieux possible. Je ferai un effort surhumain pour garder la tête haute lorsque nous les croiserons afin d’honorer leur présence mais je sais que cela ne suffira pas. Elles verront bien que ça ne va vraiment pas. Elles sont habituées à me voir traverser de mauvais moments durant ces courses ultra mais ne se doutent pas qu’à cet instant il y a plus que de la fatigue. Le mal est bien présent et je suis conscient qu’il sera dur de tenir mes engagements.

C’est au 65eme kilomètre que tout va basculer. Après avoir enjambé la Dordogne par le pont de Castelnau je vais me tordre le genou en redescendant du trottoir. Ça va lâcher sévère. Je ferai un effort monumental pour courir quelques mètres de plus avant de me résigner à marcher. Romain qui n’a pas vu ce qui venait de m’arriver me demande alors pourquoi marcher maintenant. Je le tiens au courant de l’état de mon genou tout en continuant ma route. J’ai mal à en crever mais je ne veux surtout pas m’arrêter de peur de ne pas pouvoir repartir.

Le téléphone sonne et c’est Nathalie qui vient aux nouvelles. Je l’informe de mes soucis et ne traine guère au téléphone. Je sais qu’il va me falloir prendre une décision dans les plus brefs délais et j’avoue n’avoir pas envie de parler à qui que ce soit a cet instant.

Je vais marcher les 5 kilomètres suivant en buvant le plus possible et en espérant que la douleur s’estompe. Mais je n’y crois guère.

Arrivé au 70eme  kilomètre et après avoir fait le point en ce qui concerne le chrono, je suis sur à présent de ne plus finir en 10h30 comme je l’espérais. Reste la solution de terminer en marchant et ainsi éviter l’abandon. Mais finir dans cet état me décevrai tout de même car je passerai à coté de mes objectifs. Alors quitte à être déçu, je pense prendre la bonne décision en préservant ce qu’il est encore possible de préserver dans mon genou et c’est la mort dans l’âme que je téléphonerai à Nathalie. Elle m’informe qu’elle se trouve en compagnie des filles à la borne du 75eme kilomètre. Je lui annonce alors que j’ai décidé de jeter l’éponge et que nous rentrerons avec elles lorsque nous les rejoindrons.

Ce sera chose faite environ 45 minutes plus tard.

J’ai pris aujourd’hui le départ de ma 72eme course et ne me doutais pas que j’y connaitrai la défaite pour la première fois. Mais plus grave encore, je ne sais pas si un jour je serai capable de reprendre le départ d’un ultra. Et c’est bien là ce qui me ronge le plus.

A l’heure où je rédige ces quelques lignes, plus d’un mois après mon abandon, j’ai passé un IRM il y a quelques heures. Le résultat est catastrophique. Lésion des croisés, double kystes poplités, hématome sur la tête du tibia et ménisques fendu. Tout cela sans parler des multiples traumatismes musculaires au niveau du genou.

Il y a des actes que l’on regrette pendant longtemps et mes péripéties extra sportives de ce début d’année me laisseront un gout amer. Une fois regagné notre location à Belvès, je vais me confier à Romain car je lui dois bien une explication sur la situation actuelle. Je me vider de ce poids qui me pèse depuis un certain 30 janvier  2010, date a laquelle je me suis flingué le genou dans des circonstances surréalistes. Je m’en veux et j’en veux aussi aux personnes qui m’ont laissés faire n’importe quoi ce jour là. Dire qu’en quelques heures j’ai foutu en l’air toute une année de course et peut être même plus. Il faut à présent que je fasse le point et que je comprenne ce que j’ai bien pu faire pour mériter cela. D’un avis personnel, rien qui puisse justifier une telle punition et un tel mépris…

J’en saurai un peu plus dans les jours à venir sur une éventuelle intervention chirurgicale. En attendant le mot d’ordre est repos et arrêt de toute activité sportive pour les trois mois à venir. Autant dire que je peux faire une croix sur le Marathon de Berlin. J’espère juste pouvoir un jour recommencer à courir ne serait ce que pour le plaisir.

Merci Audrey, Nathalie, Manon et Elodie de votre présence. Désolé de ne pas avoir été à la hauteur.

Merci à vous tous qui êtes venus aux nouvelles ces dernières semaines et qui m’avez apportés votre soutien. Fred, Noël, Didier, Philippe et Annie, Gilles, Annie et janlou, Jérôme, Philou et Sabine, Corine, Jean marc et Pascal….

Désolé Romain de ne pas avoir eu assez de courage pour te faire connaitre la magie de l’arrivée. Un jour peut être….

Félicitations à Françoise et Simone pour leur courage et Bravo Pascal pour ta superbe course.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 commentaires pour 34 EME EDITION DES 100 KMS DU PERIGORD NOIR – BELVES LE 24 AVRIL 2010

  1. Audrey dit :

    je me doutais que tu attendrais d’avoir le verdict pour publier ton compte rendu, tu as au contraire était à la hauteur, je viens de regarder justement toutes ces courses, auxquelles tu as participé, tu les racontes avec tellement de plaisir, de souffrances que ca ne pas pas être la derniére, c’est juste une pause, un passage difficile, comme vive beaucoup de sportif de haut niveau, ou de l’extréme ( et je n’exagére pas…), qui dans l’élan de leur réussite, de leur plaisir, de leur envie en font des fois un peu trop (année 2009…), je suis sure que quelques mois pour te remettre de cette épreuve pas trés juste et pas tré sympathique que la vie t’inflige, tu reviendras, petit à petit, pas à pas, foulée, aprés foulée, pour vivre et faire vivre au gens qui t’accompagne et t’entourent encore et encore des émotins, des sensations…En se qui me concerne, j’ai passé un week end riche en partage, que se soit avec les filles, avec Romain et toi, ou avec Françoise et simone, j’ai pris une grande leçon d’humilité…à voir tant d’envie, tant de courage, de tenacité, de souffrance, de déception…Merci Laurent…Reste ce que tu es…"L’homme est un guerrier en conflit continuel avec la Vie. Il doit apprendre à savourer ses victoires et à rebondir de ses échecs"Bon rétablissement BisesAudrey

  2. elodie dit :

    Parce que tu avance seul et tu nous laisse sur le bord de la route. Parce que tu viendras nous chercher lorsque tu auras réussi cette étape. Parce que tu croix que nous pouvons pas t’aider. Parce que tes amies en savent plus que nous. Parce que tu accuse des gens qui ont essayer de te faire comprendre des choses, au qu’elle tu ne prêtais pas attention. Parce que tu ne veux pas montrer ta peine, ta peur et ta souffrance. Parce que tu te caches derrière un visage qui n’est pas le tiens. Parce que d’après toi, un Homme ne peux pas avoir de doute, ni de peine devant ses proches. Parce que pour toi, un père ne peux et ne doit montrer ses faiblesses devant sa fille. Parce que pour toi personne ne peux t’aider. Parce que d’après toi, c’est dure et difficile. Parce que pour moi tu es aveugle et tu ne vois que ce que tu veux. Parce que pour toi, je ne souffre pas. Parce que d’après toi, je ne vois strictement rien. Parce que d’après toi, je ne peux pas t’aider, alors que je peux être là : t’aider, t’écoute et te conseiller. Un père est toujours là pour sa fille. Une fille est toujours là pour son père. Mais tu ne le comprends pas..

  3. nathalie dit :

    parce que tu es l’homme de nos vies….

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